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#1 29-01-2012 12:24:50

a-li-ce
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Report Workshop VJ / ENSA Bourges - Janvier 2012

Bonjour à tous
J'ai eu la chance d'animer un atelier VJ aux côtés de Nathalie Magnan, professeure et chercheuse, à l'Ecole Nationale des Beaux Arts de Bourges les 23, 24, 25 et 26 janvier.
Voici un petit report de ce workshop qui a rassemblé une vingtaine d'étudiant-es débutant-es en vjing qui ont appris en 4 jours à maitriser les logiciels (travail sur Arkaos grand Vj et Resolume), à regarder les images et à découper les boucles, à construire un propos, pour présenter leur premier live à la galerie la Box de Bourges le dernier jour, tout en maîtrisant toute la chaine technique (installation, normes techniques, câblage, etc.).
Les étudiant-es ont présenté leur travail le dernier jour lord d'un live d'1h30 dans un espace équipé de 5 vidéoprojecteurs avec 5 vjs mixant en même temps.
Le travail s'est fait en partenariat avec Centre Images qui a prêté 2 heures d'archives datant de 1930 à 1970 pour une réflexion autour du film amateur et de l'archive en général.
Un grand merci aux étudiant-es qui se sont investis pleinement sur cet atelier (20 personnes à fond nuit et jour !!), à Nathalie Magnan pour son invitation, à l'école, à Centre Images, à Damien Chaillou, à Arkaos, au Collagiste, et à Charlie Mars pour son texte sur le Vjing.

Un résumé de l'intervention :

Pratiques du vjing : de l'archive au temps réel

La Pratique du vjing
L'histoire de l'art nous enseigne que l'art vidéo est né de la manipulation d'électrons et de bandes
magnétiques, mais est également issu de l'espace télévisuel (régie en direct, etc.), bref, dans la
manipulation du signal en temps réel.
Peu de temps après est venu l'enregistrement, les premières caméras portatives pour enregistrer les manifestations et revendications politiques aux États-unis puis en Europe, outil également utilisé par les artistes pour filmer leur performances dans l'espace privé et public.
Temps réel et enregistrement : telles sont donc les deux problématiques de l'art vidéo dont le « live vidéo » ou « vjing » est, de mon point de vue, une des suites logiques les plus riches.
Discipline encore « indisciplinée », ce médium est au croisement des pratiques de la performance, de l'installation, du documentaire, de la recherche esthétique et théorique, et de toutes les pratiques de création d'images en général, sans oublier le domaine festif qui lui a permis une visibilité importante.
Art éphémère conçu à base d'images fabriquées en amont et d'images filmées en direct, pratique hybride et transdisciplinaire, il constitue aujourd'hui un territoire d'expérimentation intense qu'il est urgent de défricher et de partager dans les école d'art.
Qu'elles soient engagées ou simplement esthétiques, il incombe aux « vjs » de donner à voir d'autres images que celles imposées par les grands médias, de déconstruire les discours dominants et de proposer des alternatives susceptibles de créer une parole et de faire réagir le public, et ce, même dans l'espace festif, engageant ainsi vjs et spectateurs dans une responsabilité face aux images.

Si 60% du travail se fait en amont, par le choix des images (récupérées, trafiquées, et/ ou créées) et l'apprentissage de l'outil, l'acte de la performance vj reste le coeur de la pratique, à savoir créer un propos en direct, redonner du corps et de la chair aux images fabriquées en amont, mettre ses tripes sur la table dans un contexte donné et de façon spontanée. La table de montage devient table de dissection, table de travail en temps réel que l'artiste réinvente sans cesse face au public.
Acte jouissif et acte politique, le vjing, de par sa nature hybride et les croisements qu'il opère, est aujourd'hui un terrain de jeu et d'expérimentations que les artistes ne peuvent ignorer.
C'est également un outil collaboratif et ouvert à d'autres disciplines (musique, danse, etc.).


Présentation du workshop

« Battre et redistribuer les cartes, démonter et remonter l'ordre des images sur une table, c'est-à-dire entrevoir le travail du temps à l'oeuvre dans le monde visible. »
Georges Didi-Huberman, Atlas ou le gai savoir inquiet, Les Editions de minuits, 2011

Telle peut être la pratique du vjing associée aux images d'archives, soit une mise en liens et en lumière des images sous forme d'improvisation en temps réel, pour leur redonner sens en les faisant coexister autrement.
Ce workshop sera ainsi l'occasion de réfléchir sur le statut de l'image d'archive et notamment du film amateur, et se fera en collaboration avec Centre-Images, qui mettra à disposition des étudiant-e-s une base d'archives préalablement choisie.
Suite au visionnage des archives chaque étudiant-e sera également invité-e à apporter des éléments personnels extérieurs (vidéos, photographies, dessins, etc.) afin d'alimenter son projet.
Le choix des images d'archives s'est basé sur des problématiques simples, en dehors de toute considération technique, mêlant ainsi tous les formats possibles (35mm, 16mm, 8mm, super8,etc.) et recensant également diverses valeurs de plans (gros plan, paysage, etc.), statiques ou en mouvement, permettant la dynamique du mix vidéo.
Les images d'archives choisies sont des films amateurs et non des archives officielles.
Ils ont très souvent pour objet la vie familiale, notamment les jeux d' enfants, leurs premiers pas, les vacances, les repas de famille, etc.
Les images choisies dépeignent ainsi un quotidien, des scènes de genre filmées, mais sont suffisamment neutres pour être réutilisées dans d'autres contextes tout en étant marquées des codes sociaux de l'époque, codes que nous aurons ici à coeur de transgresser.
De plus, travailler à partir d'images d'archives n'est pas un travail anodin : il s'agira de construire un travail critique en utilisant ces images, de les mettre en rapport avec notre époque, de leur redonner vie, tout en mettant en valeur ce patrimoine mis à disposition par les réalisateurs / réalisatrices de l'époque.
Les étudiant-e-s seront donc libres de construire leur propre problématique à l'intérieur de ces thématiques :
– l'identité et le genre, dé-constructions et représentations
– la mémoire, dé-construction du temps et de la temporalité
A noter que ces problématiques n'excluent ni l'humour ni le second degré !


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